7.15.2007

Partir pour fuir ?

Plusieurs personnes comparent les voyages à une sorte de fuite. Voyager c'est fuir. Fuir son pays, suspendre ses problèmes et faire une pause à des relations. J'ai toujours été en désaccord avec cette théorie aucunement fondée. Moi, je pars pour voyager, pour découvrir. (Et pour boire du Fanta !)

Mais s'il y avait une partie de moi qui partait pour fuir, je saurais pourquoi.

Avant de quitter en 2003, j'en avais marre. Marre de mon travail au Vidéotron à la con, marre de l'Université où l'on tourne en rond la plupart du temps, marre de ne pas savoir où allaient mes amitiés. J'étais et je suis encore quelqu'un qui a toujours su bien exprimé ce que je pense. Mais je suis aussi quelqu'un qui est doté d'une certain patiente par rapport à mes relations interpersonnelles, ce qui fait que j'accumule souvent des petits trucs avant de le dire. Je ne veux pas être l'ami fatiguant qui reproche des trucs aux autres à tout bout de champs. Alors, je me dis que si un comportement me dérange, ce sera parce qu'il est récurrent et non parce que quelqu'un à fait ou dit quelque chose une fois ou deux.

Bref, quand j'ai quitté pour Londres, je n'ai pas été triste du tout. J'étais content de partir car tout le monde me tapait sur les nerfs. Tout le monde le sait maintenant que je pensais cela à l'époque, mais je ne voulais rien dire il y a quatre ans car je ne voulais pas briser mes amitiés. Et je suis content ne pas avoir rien dit à personne dans ce temps-là. Je suis revenu plus calme et en sachant plus ce que je voulais de mes amitiés. Et j'ai aussi réglé inconsciemment des trucs en moi. Car un conflit, qui soit interne ou externe, renferme presque toujours des torts des deux parties.

Cette année, c'est différent. Même si ce voyage partage des similarités avec celui de 2003. C'est clair que je n'avais pas en tête une simili fuite quand je planifiais le voyage il y a 3 ans. Je le réalise maintenant. Je ne pense pas que les gens autour de moi ont à avoir peur de se faire larger. Peut-être que personne à peur de se faire larger par moi dans une vie. Mais veut, veut pas, un voyage ça nous recentre les idées. Ça nous ramène à qui on est vraiment, à notre essence. Ça nous rappelle ce qu'on aime, ce qu'on aime pas. Ça nous met à nu, face à nous-mêmes. Ça nous fait découvrir ou redécouvrir l'être intérieur qu'on est, celui qu'on délaisse souvent au profit d'une amitié qu'on veut trop, d'un travail qui nous catégorise dans une certaine catégorie de personne. Je ne vais pas là pour me redire qui sont et qui ne sont pas mes amis. Mais je crois qu'involontairement, tout comme des gens se greffent à nous au courant de notre vie, certaines personnes vont se détacher de moi après cette aventure.

Lesdites personnes ne lisent pas et liseront jamais ce blogue, alors je n'ai pas peur d'écrire ce billet. Et les personnes qui se sentent visées par ce billet, ne devraient pas. Et ceux qui devraient se sentir visées, ne devraient pas non plus. La vie étant ce qu'elle est, tout se fera naturellement.

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